Blog de Laurent Bloch
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ISSN 2271-3980
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Un film de Paweł Pawlikowski
Ida
Article mis en ligne le 1er avril 2014
dernière modification le 30 avril 2014

par Laurent Bloch
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Licence : CC by-nd
C’est un film de Paweł Pawlikowski, avec de magnifiques images en noir et blanc et au format 4/3 de Ryszard Lenczewski et Łukasz Żal que vous pouvez contempler ici et aussi . À lire aussi, des commentaires sur le tournage par le réalisateur.

En Pologne, en 1962, un couvent de nonnes, sous la neige. Anna, une novice, orpheline élevée ici depuis toujours, se prépare pour sa prise de voile. Quelques jours avant la cérémonie, la mère supérieure lui conseille de rencontrer sa tante Wanda Gruz, la seule famille qui lui reste, et qui n’a jamais répondu aux messages des religieuses au sujet de sa nièce.

Anna fait sa valise, prend l’autocar, retrouve Wanda, qui la reçoit très froidement, lui apprend qu’elle est juive, que son vrai nom est Ida Lebenstein, et la quitte. Le soir, Wanda, apaisée, accueille sa nièce, et lui propose de se rendre dans la petite ville de Piaski où vivaient ses parents.

Après avoir combattu dans la résistance communiste et y avoir gagné le surnom de Wanda la Rouge, Wanda a été procureur de la République populaire de Pologne, et elle a envoyé à la potence nombre d’« ennemis du peuple ». Puis elle est tombée dans l’alcool.

La tante et la nièce partent pour Piaski. Là on découvre l’incroyable dénuement de la campagne et des petites villes polonaises. Là elles apprendront comment sont morts les parents d’Ida, qui les a tués, pourquoi elle a été épargnée. Wanda y retrouvera aussi une page terrible de son passé, qu’elle avait fui dans l’engagement politique. Et elles pourront donner une sépulture à leurs morts, dans l’ancien cimetière juif de Lublin, à l’abandon.

Au cours de cette équipée, Ida aura aperçu le monde, goûté à la vodka et au tabac, visité la tristesse désespérante de ce monde communiste de pacotille, connu la séduction et la chair.

Avant ce périple, elle savait qu’elle n’avait rien en ce bas monde, mais elle ne savait pas ce qu’elle avait perdu. À sa fin, elle sait ce qu’elle a perdu, et dans quelles circonstances épouvantables. Depuis que je les ai vues, ces images, bien que d’une grande pudeur, me hantent. Destruction irréparable, perte irrémédiable.

Elle décidera de rester Anna, de retourner au couvent, de prononcer ses vœux, pauvreté, chasteté et obéissance, de rester à l’écart de toute cette laideur, qui est pourtant si belle devant la caméra.

Malgré un jeune saxophoniste qui joue Naima de John Coltrane.


Forum
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Ida
Laurent Bloch - le 22 avril 2014

Et il y a aussi, en mode mineur, une évocation des efforts de la jeunesse polonaise de cette époque pour échapper au carcan, par le jazz notamment. Des revues comme Jazz Magazine faisaient connaître le jazz polonais, qui savait être de qualité malgré tous les obstacles, pendant ces années sombres.

Ida
Laurent Bloch - le 22 avril 2014

Oui, c’est si violent que j’ai dû le voir une seconde fois pour surmonter la sorte d’anesthésie psychique que la première vision avait provoquée.

Ce qui fait cette force, outre la beauté des images, c’est que chaque personnage est profondément humain, même ceux qui sont odieux. Rien n’est caricaturé.

Ida
Josiane Borredon - le 22 avril 2014

Très beau film en effet, poignant, que vous résumez très bien.
cordialement
Josiane



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