Blog de Laurent Bloch
Blog de Laurent Bloch

ISSN 2271-3980
Cliquez ici si vous voulez visiter mon autre site, orienté vers des sujets informatiques et mes enseignements.

Pour recevoir (au plus une fois par semaine) les nouveautés de ce site, indiquez ici votre adresse électronique :

L’économiste qui guide les Français : Molière
Article mis en ligne le 2 juin 2010
dernière modification le 3 juin 2010

par Laurent Bloch
logo imprimer
« Il ne faut jamais craindre qu’il y ait trop de sujets, trop de citoyens vu qu’il n’y a de richesse, ni force que d’hommes », Jean Bodin, les Six Livres de la République, 1576.

« Le Travail annuel d’une nation est le fonds primitif qui fournit à sa consommation annuelle toutes les choses nécessaires et commodes à la vie ; et ces choses sont toujours ou le produit immédiat de ce travail, ou achetées des autres nations avec ce produit. », Adam Smith, Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations, 1776.

Travaillez, prenez de la peine :
C’est le fonds qui manque le moins.

Jean de la Fontaine

Lorsque j’entends certaines prises de position dans le débat actuel
sur l’âge légal de départ à la retraite, il me semble que l’éducation
économique des dirigeants de certains partis et syndicats de notre
beau pays n’ait guère dépassé les chapitres écrits par notre grand
économiste, Molière, qui ignorait cette compétence et ne s’en souciait guère. Ma propre formation n’est d’ailleurs guère
meilleure, les manuels qui étaient recommandés lors de mes études
étaient ceux, consternants de platitude et de vacuité, de Raymond
Barre, c’est dire, mais enfin il n’est jamais interdit de chercher à
s’améliorer et à comprendre des choses.

Si l’argent manque pour financer les régimes de retraite, il suffirait
de prendre ce qui manque aux capitalistes : le capital, c’est la cassette d’Harpagon, on y prend de l’or et la note est réglée.

En réalité, le capital, c’est, lors de la création d’une entreprise,
ce qui permet de faire de la recherche, d’acheter du matériel et de
payer des salaires alors que l’on n’a encore rien vendu ; au lancement
de chaque nouveau produit ce cycle se répète. Autant dire que sans
capital l’entreprise moderne n’existe pas.

Le capital n’est pas le contraire du travail : le capital est du
travail en stock, qui a été accompli avant, par opposition au
travail vivant, ou actuel. Michel Volle nous a même expliqué que
dans l’économie contemporaine le coût du microprocesseur ou du
logiciel est tout entier contenu dans la recherche et les études
préalables à toute fabrication, et que cette dernière ne coûte
presque rien : on peut dire alors que le capital est l’unique
facteur de production.

La haine du capital révèle la haine, moins avouable mais fort répandue
dans notre beau pays, du travail. Le travail est chez nous une des
activités les plus pourchassées, d’où ce que les observateurs
étrangers ne manquent pas de remarquer : « le choix français du
chômage ». Idem pour les 35 heures, la retraite, les « facs-parkings »,
expression nauséabonde qui désignait il y a quelques années les
dispositifs destinés à retenir les étudiants sur les bancs des amphis
de nos universités low-cost pour les empêcher d’aller sur le marché
du travail. Le travail serait un gâteau qu’il faudrait se partager, et
comme il n’y en a pas pour tout le monde, les parts sont réservées à
une élite privilégiée. Ou si l’on veut, les travailleurs à statut protégé se gardent le gâteau et empêchent les autres de travailler, comme sous l’ancien régime la noblesse se réservait le droit de chasse et pendait les
braconniers. Pour ceux qui ne sont pas dans le système (fonction publique, grandes écoles, secteurs à statut protégé, appareils syndicaux), il reste Pôle emploi, ou ce que Florence Aubenas a décrit dans son livre Le Quai de Ouistreham.




pucePlan du site puceContact puceMentions légales puceEspace rédacteurs pucesquelette puce

RSS

2004-2017 © Blog de Laurent Bloch - Tous droits réservés
Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.87.15