Blog de Laurent Bloch
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ISSN 2271-3980
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Un film de Shahram Alidi :
Les murmures du vent
Au Kurdistan irakien
Article mis en ligne le 9 avril 2010
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Durant la guerre Iran-Irak (1980-1988) l’armée irakienne s’est livrée en 1988 à des massacres de ses propres populations civiles au Kurdistan ; les estimations numériques sont difficiles, mais il est généralement admis qu’il s’est agi de plusieurs centaines de milliers de victimes, dont certaines gazées ou enterrées vivantes. C’est de cela, sans qu’aucune atrocité ne soit montrée frontalement, juste évoquée par une ellipse, mais aussi et surtout de la puissante volonté du peuple kurde de survivre et de maintenir sa culture, qu’il est question dans le film de Shahram Alidi, dont la vision me semble indispensable.

Le héros du film est un vieil homme, Mam Baldar, qui sillonne les montagnes à bord de son vieux 4x4 soviétique avec un radio-cassette plus ou moins déglingué sur lequel il enregistre les messages que lui confient les habitants pour des parents ou des amis à qui ils ne peuvent ni écrire ni téléphoner, faute de poste et de téléphone. Un jour il doit ainsi recueillir le premier cri d’un nouveau né dont le père, au maquis, ne peut venir assister à la naissance : il entendra son enfant à la radio de la résistance.
Mais souvent Mam Baldar ne trouve personne à destination, le village a été bombardé ou rasé, les habitants sont morts ou se sont enfuis. Ainsi une fois ce sont tous les participants à une noce, coupables d’avoir dansé leurs danses traditionnelles et écouté leur musique, qui sont anéantis.

Les villageois écoutent la radio de la résistance kurde (les Peshmergas). Un villageois habile répare leurs transistors et les
règle sur la bonne fréquence. Un jour l’armée rafle tous les transistors et leurs propriétaires. Ceux dont le poste est réglé sur la fréquence coupable sont tués. Celui qui les réglait est ligoté au tronc d’un arbre aux branches duquel sont pendus les transistors coupables, allumés, on comprend qu’il devra mourir ainsi.

Un beau moment : le nain qui trace dans la poussière de la bâche du 4x4 un message pour sa fiancée, rencontrée dans un convoi de fugitifs puis perdue de vue. Mais la pluie d’orage effacera le message.

Quand même quelques scènes d’allégresse : la noce et ses danses, les enfants sauvés qui jouent avec leurs cerfs-volants, en lieu sûr. Les images de ce road-movie cahotique rappellent celles, magnifiques, du Dernier voyage du juge Feng de Liu Jie. Courez-y.




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