Blog de Laurent Bloch
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ISSN 2271-3980
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Pelléas et Mélisande
à l’Opéra Bastille
Article mis en ligne le 18 février 2015

par Laurent Bloch
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Licence : CC by-nd

Lundi dernier je fus à l’Opéra Bastille voir et entendre Pelléas et Mélisande, le drame de Maurice Maeterlinck mis en musique par Claude Debussy (d’autres s’y sont essayé, Arnold Schönberg par exemple).

Dans une atmosphère crépusculaire et septentrionale [1] qui baigne le drame jusqu’à la fin, le prince Golaud se perd dans la forêt en pourchassant un sanglier. Près d’une fontaine il découvre la princesse Mélisande, dont la couronne gît dans l’eau de la fontaine. Frappée d’un malheur dont nous ne saurons rien, Mélisande refuse que Golaud repêche la couronne, mais il la ramène au palais de son père et l’épouse. Plus tard arrive Pelléas, le demi-frère de Golaud : une idylle (chaste) naît entre Mélisande et lui. Mélisande laisse tomber dans le puits de la Fontaine des Aveugles l’anneau que lui a donné Golaud. La jalousie de Golaud s’amplifie jusqu’à ce qu’il tue Pelléas. Plus tard Mélisande mourra de chagrin, laissant Golaud à son tourment solitaire et inextinguible.

Même si Debussy m’a rarement déçu, je dois avouer qu’avant le spectacle j’avais un peu peur de m’ennuyer. L’œuvre ne quitte pas le fil du rasoir, entre le sublime et le ridicule, le risque y est grand de tomber du mauvais côté, et mon conservatisme me laisse fidèle à l’enregistrement de 1941 sous la conduite [2] de Roger Désormière avec Irène Joachim et Jacques Jansen. J’avais tort : Elena Tsallagova, Stéphane Degout, leurs collègues et l’orchestre de l’Opéra, tous conduits par Philippe Jordan, furent parfaits. La mise en scène et les décors très abstraits, elliptiques de Robert Wilson se conjuguaient à la musique pour susciter une émotion intense et épargnée de tout pathos. Il n’y a pas de mots assez forts pour évoquer la représentation de la mort de Mélisande, d’une sobriété implacable, si j’ose dire.

Pelléas et Mélisande est un opéra dont le personnage principal est d’une certaine façon l’orchestre, il est dépourvu de ces grands airs spectaculaires qu’affectionnent les afficionados du genre : ils semblèrent un peu déçus, et leurs applaudissements mesquins, pour les raisons exactes qui m’ont fait adorer cette soirée.

Notes :

[1La scène pourrait être à Merlimont.

[2Emmanuel Krivine, dans une assez plaisante émission de Laure Adler, nous a dit qu’il ne fallait pas parler de direction d’orchestre, mais plutôt de conduite : je me range à son avis (autorisé).


Forum
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Pelléas et Mélisande
Aredius - le 29 mars 2015

Mauvais souvenir de cet opéra. Que je m’y suis ennuyé !

Surtout à ne pas conseiller à celui qui n’est jamais allé à l’opéra. Lui conseiller Les contes d’Hoffmann.



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