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Sionisme et antisémitisme

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Rappel de la discussion
Il manque une démonstration et une information
Olivier Iteanu - le 14 juillet 2021

L’affirmation selon laquelle les "arabes israéliens sont des citoyens de seconde zone" est une affirmation mais où est la démonstration ? Dans un pays où on applique un homme/femme = un vote et où l’Etat de droit est accessible à tous sans distinction, je suis très intéressé à avoir les éléments qui permettent cette affirmation.
Il manque à l’article une information qui n’est pas mineure. Israël baigne dans un océan de haine appelé le moyen-orient, de la Turquie à l’Arabie Saoudite en passant par la Syrie, l’Irak et autres. Son tort. N’être ni arabe, ni musulman. Demandez aux chrétiens d’Orient, aux coptes, aux yazidis, aux kurdes, aux maronites, ce qu’ils en pensent. Daesh n’est pas né au Japon, en Indonésie ou en Argentine, mais dans cette région car certains courants y éduquent leurs enfants à la haine de la différence depuis des décennies sans discours contraire de l’occident depuis tout ce temps. Il prendra qq secondes pour trouver sur les médias ou réseaux sociaux la démonstration ce que je prétends. On y appelle à la destruction d’Israël et à son génocide consécutif sans état d’ame. Une première depuis la WWII. C’est dans ce contexte qu’intervient l’antisionisme. Comment peux-tu prétendre à une analyse sans même l’évoquer ?

Palestiniens de nationalité israélienne, citoyens de seconde zone
Laurent Bloch - le 15 juillet 2021

Merci de ta contribution, Olivier, elle me donne l’occasion de préciser un certain nombre de points.

Tout d’abord, critiquer la politique israélienne ne signifie pas que j’approuve celle des pays arabes environnants, tant s’en faut : je la juge catastrophique, je me suis exprimé à ce sujet ici, mais je ne suis sans doute pas le mieux placé pour l’analyser.

Le statut de citoyens de seconde zone des Palestiniens de nationalité israélienne se manifeste de diverses façons :

 Les Arabes musulmans et chrétiens sont dispensés de service militaire, sauf à se porter volontaires, pas dont on peut concevoir qu’il soit difficile à franchir. Ceci pourrait passer pour un avantage, si ce n’est que l’accomplissement du service militaire est un préalable exigé pour l’accès à certains emplois, qui de ce fait deviennent donc en pratique inaccessibles aux citoyens arabes.

 Jusqu’en 2018 l’arabe était une des langues officielles d’Israël, mais la promulgation de la loi Israël, État-nation du peuple juif y a mis fin, ce qui fait de la langue de 20% de la population du pays une langue étrangère.

 L’accès des Palestiniens de nationalité israélienne à la propriété foncière et immobilière est limitée de nombreuses façons, situation qui a d’ailleurs contribué au déclenchement des affrontements récents. Un bien foncier qui a été un jour possédé par un Juif ne peut être acheté par un Arabe (musulman ou chrétien). L’établissement de cette possession antérieure peut bien sûr donner lieu à toutes sortes de manipulations, dès lors surtout que l’impartialité des autorités administratives est douteuse, pour recourir à un euphémisme.

 La loi de 2012 sur la citoyenneté et l’entrée en Israël, confirmée par la Cour suprême d’Israël, interdit aux conjoints non israéliens de Palestiniens de nationalité israélienne d’acquérir cette nationalité, et ce maintien dans le statut d’étranger permet aux autorités israéliennes de leur refuser l’entrée sur le territoire, ce dont elles ne se privent pas. Des milliers de couples mariés sont ainsi séparés ou condamnés à l’exil. Cette situation vaut bien sûr pour les Palestiniens des territoires occupés, maintenus de fait dans le statut de sujets coloniaux sans droits.

 Sur un plan moins juridique que socio-économique, on observe une forte inégalité des financements publics dévolus aux localités et territoires habités par des Arabes et de ceux attribués au reste du territoire, que ce soit pour les infrastructures, le système éducatif, le système de santé, etc. Les publications du Bureau central des statistiques israélien (BCS) témoignent de cet état de fait.

Outre ces faits juridiques et sociaux concrets, la vie des Palestiniens de nationalité israélienne est dégradée par les mesquineries et les vexations quotidiennes exercées par une administration hostile, le racisme sans complexes d’une partie de la population, la partialité de la police et de la justice.

La vie quotidienne des Palestiniens de nationalité israélienne est illustrée par de nombreux films israéliens et palestiniens, comme 200 mètres d’Ameen Nayfeh, Un tramway à Jérusalem et Free Zone d’Amos Gitaï, The Reports on Sarah and Saleem de Muayad Alayan, Chronique d’une disparition d’Elia Suleiman, Le Mariage de Rana, un jour ordinaire à Jérusalem de Hany Abu-Assad et bien d’autres.

Ta réponse
Olivier Iteanu - le 15 juillet 2021

Mon Cher Laurent,
Merci d’avoir pris le temps de répondre et pour la qualité de ta réponse. Tu t’en douteras, je ne suis pas d’accord.
A l’âge de 18ans un jeune israélien donne 3ans de sa vie à la conscription, 2ans pour les filles. Ca n’est pas une partie de plaisir. Dire que le fait qu’on n’oblige pas les arabes à donner de ce temps, fait d’eux des citoyens de 2nde zone, prête tout de même à sourire. Je précise d’ailleurs que certains font ce service militaire, de plus en plus chez les chrétiens car si ça n’est pas une obligation, c’est une faculté. Enfin, il semble qu’il n’est pas un handicap de n’avoir pas fait son service militaire pour par exemple devenir juge à la Cour de suprême, l’une des plus hautes fonctions du pays. J’observe que c’est ton premier argument, j’escomptais tout de même qq chose de plus fort.
S’il y a une chose qu’on ne peut reprocher à Israël, c’est de laisser les arabes parler leur langue et de pratiquer leur culture. Cela s’explique par le fait sans doute, que les juifs ne cherchent pas à convertir, ce qui est à la base de la tolérance, à savoir accepter l’autre avec sa différence. C’est une chose que les berbères, 1ers habitants du Maghreb, n’ont pas. Par ailleurs, es-tu choqué que la république de Syrie se qualifie d’arabe comme l’Egypte ou l’Iran de République islamique, alors que des non arabes vivent en nombre dans ces pays, des chrétiens, des juifs et des zoroastrins en Iran ?
Je suis intéressé par les bases légales qui te permettent de dire que les arabes israéliens n’ont pas accès à la propriété foncière et immobilière.
Si tu parcours Israël, tu rencontreras dans toutes les villes des femmes arabes reconnaissables à leur voile, et elles n’ont pas l’air spécialement persécutées.
De manière générale, nous sommes toi et moi sur les mêmes valeurs. Comme tu le sais, les populations votent avec leur pied. Il y autant de libanais en dehors du Liban que dedans. Comment peut on s’étonner dès lors de ce qui s’y passe ? L’UE publie chaque année les statistiques des migrants classés par pays. Tu y trouveras les syriens, les afghans, mais aussi les tunisiens, les nigérians, les pakistanais, cherches bien les palestiniens. Il n’y a ni exode, ni même flux migratoire, dans un pays où on entre et on sort librement. On peut chercher la petite bête à ce petit pays grand comme 66% de la PACA, Je suis pour ma part admiratif d’Israël et de son peuple qui malgré les promesses de destructions, malgré l’ostracisme, la diffamation, maintient le cap d’un Etat démocratique où des députés peuvent prôner la destruction de l’Etat et siéger tranquillement à la Knesset. C’est pour moi un exploit.