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Article mis en ligne le 16 juillet 2017
dernière modification le 17 juillet 2017

par Laurent Bloch
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Licence : CC by-nd

Il y a quelques mois Pierre Verluise m’avait proposé de publier, aux Éditions du Diploweb qu’il dirige, un livre intitulé L’Internet, vecteur de puissance des États-Unis ? — Géopolitique du cyberespace, nouvel espace stratégique, disponible au format électronique et sur papier. Comment ce livre est-il imprimé ? Par Amazon, à la demande. La mise en place de ce procédé d’impression est-elle difficile ? Non, c’est très simple, il suffit d’aller sur le site d’auto-édition d’Amazon, Kindle Direct Publishing (en français), et de suivre les instructions. Amazon se charge même de vous attribuer un ISBN (obligatoire pour les livres imprimés, facultatif pour les publications électroniques) si vous ne voulez pas faire vous-même la démarche auprès de l’AFNIL.

 Mettre à jour et rééditer mes livres

Impressionné par la puissance du procédé, je décidai de rééditer ainsi, sous mon nom et après mise à jour, mon livre de système d’exploitation et mon livre de systèmes d’information, épuisés chez l’éditeur original (Vuibert) et dont les droits m’avaient été rétrocédés. Comme ce sont des livres illustrés de figures assez nombreuses, je n’ai pas envisagé la publication sous forme de livres électroniques, parce que les figures sortent mal sur les liseuses, et je me suis cantonné au PDF, disponible en accès libre sur mon site pour ceux qui veulent le télécharger, ou pour un prix modique chez Amazon pour les lecteurs qui préfèrent le papier.

Voici donc Les systèmes d’exploitation des ordinateurs — Histoire, fonctionnement, enjeux, nouvelle édition entièrement révisée avec une préface de Christian Queinnec, 415 pages, pour 12,07 euros, et La pensée aux prises avec l’informatique (nouveau titre de Systèmes d’information, obstacles et succès, entièrement révisé, avec une préface de Michel Volle, 264 pages, 10,55 euros). Amazon annonce un prix d’impression, et propose à l’auto-éditeur une fourchette de prix de vente possibles, j’ai visé plutôt vers le bas de l’intervalle, mais pas le minimum.

Je n’ai pas encore eu les livres physiques entre les mains, alors je ne peux rien dire de la qualité d’impression ni du brochage. En effet comme je suis mon propre éditeur, je dois commander mes exemplaires d’auteur, et les payer (heureusement les prix sont modiques).

Je n’ignore pas qu’il y a d’autres offres d’auto-publication en ligne, mais celles que j’ai vues émanent d’éditeurs qui proposent aux auteurs d’ajouter leurs livres à leur catalogue, ce qui est un peu différent, ainsi Edilivre et Atramenta, très recommandables au demeurant. J’avoue avoir choisi la solution qui me donnait la meilleure visibilité avec la plus grande indépendance (être mon propre éditeur). C’est bien plus facile aujourd’hui qu’à l’époque de Charles Péguy !

 Le processus d’édition du livre

Avant de publier un livre il faut bien entendu l’avoir écrit et composé. On ne le répétera jamais assez, ce travail mérite l’usage d’un logiciel propre à donner un résultat typographique satisfaisant, c’est-à-dire pas un logiciel bureautique. Je ne me lasserai pas de recommander LaTeX, pour les raisons exposées ici, et le format de sortie PDF. Pour un livre qui ne comporte ni figures ni tableaux, ce qui n’est pas le cas de ceux dont il est question ici, il sera possible à partir du texte saisi au format LaTeX de créer, au moyen du logiciel libre Pandoc, un livre électronique au format ePub, adapté à la plupart des liseuses (le logiciel libre Calibre permet la conversion vers d’autres formats de liseuse, ainsi que la gestion de bibliothèques électroniques).

La copie prête, on peut passer à la préparation de l’édition. Tout livre imprimé doit être doté d’un numéro ISBN. Amazon propose aimablement de vous en donner un, mais dans ce cas, je n’ai pas essayé mais je suppose qu’Amazon est l’éditeur. J’ai préféré demander une tranche de numéros ISBN à l’Agence Francophone pour la Numérotation Internationale du Livre (AFNIL) et effectuer le dépôt légal des livres sur le site de la BNF. C’est gratuit, les délais annoncés sont assez longs mais en réalité c’est beaucoup plus rapide. L’auto-éditeur vraiment soucieux de son indépendance choisira cette voie : tant qu’à faire soi-même l’essentiel du travail, autant aller jusqu’au bout. Il est conseillé de demander d’emblée plusieurs ISBN d’avance, pour ne pas avoir à recommencer la démarche à chaque fois.

Il y a un petit piège sur les formulaires d’Amazon : on vous demande le nom de la « Marque éditoriale », formulation bizarre, la bulle d’aide associée dit qu’elle « indique l’entité associée au code ISBN de votre livre. Indiquez ici la marque éditoriale auprès de laquelle vous avez acheté votre code ISBN ». De façon erronnée j’ai répondu AFNIL, ce qui revenait à donner comme éditeur l’AFNIL, ce qui n’a bien sûr aucun sens. J’ai dû recommencer en disant bien que c’était moi, l’éditeur, désigné par mon nom, qui fournissait un ISBN à mon livre. J’ai ainsi gâché un ISBN, parce qu’il est impossible de revenir en arrière à ce stade du processus, et que chaque version de l’ouvrage, fût-ce une réédition à l’identique, doit recevoir un ISBN neuf.

 Fabrication du volume

Une fois fournies les différentes informations nécessaires à l’édition du livre, reste à en réaliser les éléments matériels : choix du papier, taille de coupe, couverture mate ou brillante, chargement du manuscrit, confection de la couverture.

Pour le livre de système, pourvu de nombreuses figures et de tableaux dont l’éditeur précédent avait accepté qu’ils débordassent dans les marges, j’ai eu quelques difficultés. Le logiciel de la plate-forme Amazon n’accepte pas n’importe quel fichier PDF sans autre forme de procès, il vérifie la compatibilité entre la taille de coupe et le fichier fourni. J’avais des figures et des tableaux qui débordaient, des numéros de page de début de chapitre placés trop bas, j’ai dû me battre avec les paramètres de géométrie de la classe memoir de LaTeX, mais finalement j’ai réussi à faire entrer le texte dans la maquette.

La plate-forme Amazon fournit aussi un créateur de couverture, qui propose un jeu d’agencements graphiques, qu’il est loisible de moduler en jouant sur les couleurs, les polices de caractères, les corps de caractère. Comme je n’ai aucun talent en ce domaine j’ai choisi ce qu’il y avait de plus classique et essayé de faire sobre. Je ne dispose malheureusement pas des droits qui m’auraient permis de reproduire les magnifiques couvertures de François Schuiten pour les éditions Vuibert.

 Commercialisation

La troisième étape concerne la commercialisation. Il faut choisir un prix. Par exemple, pour un livre de 400 et quelques pages, le prix d’impression sera inférieur à six euros, et je serai libre de fixer un prix entre 9 et 250 euros. Si j’ai bien compris, selon ce modèle je recevrai 60 % du prix de vente, déduction faite du coût d’impression et des taxes et redevances.

Le logiciel de la plate-forme Amazon vérifie la validité de l’ISBN, et aussi la présence sur le Web de contenus identiques à des passages du manuscrit. Pour mes livres la recherche de contenus a donné des résultats positifs, et pour cause, puisqu’une grande partie des textes sont sur mon site. J’ai donc été prié de confirmer que j’étais bien le détenteur des droits d’auteur de ces textes, ce que j’ai fait.

 Aspects politiques et économiques

Il ne m’échappe pas que la facilité de publication éditoriale sur le site d’Amazon, et ses conditions économiques, remettent complètement en cause le modèle d’affaires des éditeurs traditionnels, sans parler des libraires.

D’un autre côté, cette plate-forme élargit considérablement le champ de la liberté d’expression. Aux dépens sans doute des rôles de sélection et de prescription des éditeurs et des libraires, tandis que c’est à l’auto-éditeur de faire la promotion de son livre.

Je crois que l’élargissement des possibilités de publication a principalement des avantages.


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