Le bon ouvrier se procure de bons outils (libres et gratuits de surcroît) :
Travail informatique sous Windows
avec Notepad++, Ruby et AsciiDoctor
Article mis en ligne le 27 avril 2016
dernière modification le 13 juin 2020

par Laurent Bloch

Cet article a été inspiré par celui de Benoît Benedetti, Administrateur Système Linux à l’Université de Nice Sophia Antipolis, « AsciiDoc et AsciiDoctor pour soigner votre documentation », dans « Gnu/Linux Magazine France » n° 190 de février 2016. Il a une suite qui pourrait vous intéresser.

Le système Windows n’a pas été conçu pour faire de l’informatique, mais pour utiliser de l’informatique faite par d’autres, ce qui a aussi peu à voir avec l’informatique que le permis de conduire avec la thermodynamique. Windows est fait pour ceux qui ne veulent surtout pas savoir comment ça marche et de quoi il retourne.

Si l’on veut faire de l’informatique, il vaut donc mieux utiliser un système fait pour cela, dont l’archétype est Linux/Unix. Il y a trois circonstances qui justifient de faire de l’informatique sous Windows :

- être un salarié de Microsoft, ou d’un de ses sous-traitants, ou de façon générale être payé pour ce faire ;
- développer du logiciel ou du matériel destiné à fonctionner sous Windows ;
- administrer un parc de machines Windows, en assurer la sécurité, un audit...

Créer un texte sans mise en page inutile

Cela dit, il y a toute une collection de situations intermédiaires, qui, sans être du travail proprement informatique, demandent des outils un tant soit peu professionnels. Ainsi, pour écrire le texte d’un article pour publication dans un CMS (Spip, Drupal, Wordpress...) ou dans un Wiki, Word (ou LibreOffice, ou OpenOffice, ou Google Docs) ne sont pas de bonnes solutions, parce que ces logiciels font beaucoup d’autres choses en sus d’enregistrer le texte, lequel ne représentera souvent que 5% de la taille finale du fichier créé, et ce au prix de tas de complications épuisantes, pour un résultat décevant parce que le texte apparaîtra avec toute une mise en page qui gênera plutôt qu’autre chose.

Régulièrement je suis amené à travailler avec des utilisateurs de Windows, pour rédiger une page Web, un énoncé d’exercices de TP, voire un article ou un livre, cela se finit toujours par un échange de documents Word, c’est improductif et horripilant. En outre, souvent, le logiciel qui a servi à cet usage est volé, ce qui est mal.

Ainsi, créer un texte : un jour un lecteur de mon manuel de programmation m’a reproché de ne pas avoir expliqué comment on créait le texte d’un programme. Rétrospectivement, je suis encore offusqué de cette remarque, mais je devrais plutôt la considérer comme le symptôme des dégâts intellectuels provoqués par la généralisation des interfaces graphiques, les cliquodromes, qui sont bien destinés à ne pas faire d’informatique mais à utiliser celle que d’autres ont faite. Mon père et mon grand-père, littéraires à l’état pur, se donnaient la peine de comprendre le fonctionnement des machines à vapeur, des centrales hydro-électriques et des fours Martin, ils avaient du mal mais ils en faisaient l’effort, il me semble que les non-informaticiens d’aujourd’hui pourraient entreprendre une démarche analogue, d’autant mieux que c’est plus facile à comprendre.

Donc, créer un texte : contrairement à l’opinion de plus en plus répandue, cela ne se fait pas avec Word ou un de ses succédanées, LibreOffice, OpenOffice ou Google Docs, qui sont des logiciel de traitement de texte, mais avec un éditeur de texte. Dans le monde informatique les éditeurs les plus convenables se nomment Emacs, vi ou ed, qui soit dit en passant existent sous Windows, mais qui sont sans doute d’un emploi rebutant pour la victime des cliquodromes. Aussi existe-t-il des outils d’un usage plus facile, surtout Notepad++. Vous en trouverez le mode d’emploi dans l’article suivant.