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Blog de Laurent Bloch
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Le Mans 66
Ford v. Ferrari
Article mis en ligne le 6 décembre 2019

par Laurent Bloch

Bon, je fais mon “coming out” : je suis fan de sports mécaniques, depuis le Grand Prix de l’ACF (Automobile Club de France) 1961 à Reims, remporté par Giancarlo Baghetti sur Ferrari (c’était son premier Grand Prix) devant la Porsche de Dan Gurney et la Lotus de Jim Clark. Je devins supporter de Baghetti, dont ce fut malheureusement la seule et unique victoire en Grand Prix comptant pour le championnat du monde (il a remporté en outre trois victoires hors championnat). La Ferrari était supérieure grâce à son moteur V6, alors que les concurrents avaient des quatre cylindres, à plat pour les Porsche ou en ligne pour les autres. En 1962 tout le monde arrive avec des moteurs V8 (sauf Ferrari fidèle à son V6), le moteur BRM est particulièrement beau, alors je deviens supporter de Graham Hill, qui emmènera la BRM au titre de champion du monde.

Bien sûr, je suis allé voir le film “Le Mans 66” (titre original “Ford v. Ferrari”), qui raconte assez fidèlement la façon dont Ford décide d’affronter Ferrari sur son terrain, les 24 Heures du Mans, et pour cela de se doter d’une voiture de course, la GT 40. Bien sûr il n’y a personne chez Ford doté du genre d’expérience nécessaire pour une telle entreprise, alors ils demandent à Eric Broadley, patron de la firme artisanale britannique Lola, de concevoir une voiture pour eux (cet épisode est absent du film, soucieux de montrer un succès purement américain). La GT 40, livrée en 1964, est bien née, mais encore loin de pouvoir battre les Ferrari, alors pour sa mise au point Ford s’adresse à Carroll Shelby, le seul Américain à avoir gagné les 24 Heures du Mans, en 1959 sur Aston Martin. Shelby ne court plus, il prépare des voitures de sport et de compétition, l’AC Cobra notamment, alors il décide de s’associer au pilote britannique Ken Miles, talentueux mais doté d’un caractère explosif qui déplaît souverainement aux managers de Ford.

Grâce à Broadley, à Shelby et à Miles, Ford remportera quatre fois d’affilée les 24 Heures du Mans, en 1966, 67, 68 et 69. Mais cette histoire est un drame humain, celui d’une petite équipe de gens qui connaissent le métier et qui mettent leur âme dans ce qu’ils font, contre les calculettes à pattes et cravate de la grande entreprise hiérarchisée. Par une manœuvre perfide du management, alors qu’il avait course gagnée, Ken Miles sera privé de sa victoire en 1966. Quelques mois plus tard il trouvera la mort lors d’une séance d’essai.

Que penser du film ? Si l’aventure humaine est bien exprimée (hormis l’omission d’Eric Broadley), les scènes de course sont à mon avis décevantes, trop souvent en plans rapprochés, alors que les plans larges seraient beaucoup plus spectaculaires. On peut d’ailleurs en dire autant des Grands Prix à la télévision : ainsi le circuit d’Interlagos au Brésil a une magnifique enfilade de trois virages en descente, on y voit les pilotes lors des séances d’essais, mais pendant la course on a des plans serrés sur une voiture, parfois un dépassement si cela tombe au bon moment, c’est finalement assez ennuyeux. Mieux vaut regarder les Grands Prix Moto, à vous couper le souffle.

Une chose qui saute aux yeux dans ce film : combien les voitures et la course ont changé en une soixantaine d’années ! Aujourd’hui c’est beaucoup moins dangereux, la technique et les règlements protègent mieux les pilotes, les sommes engagées sont très supérieures, les recettes aussi, mais on y perd le côté artisanal, et même artistique (si !) de la course à cette époque.


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